Communiqués

Après l’annonce du calendrier électoral par la CENI, en date du 14 juin 2019, le Parti Conseil National pour la Défense de la Démocratie (CNDD) saisit cette occasion pour annoncer au public tant national qu’international sa position par rapport au processus électoral en cours.

1. Le parti CNDD comme parti politique qui concourt à l’accession pacifique au pouvoir réitère sa volonté de participation aux futures consultations électorales tout en espérant que l’environnement politique, sécuritaire, juridique sera progressivement apaisé pour la tenue des élections libres et honnêtes. Toutefois, le CNDD se réserve le droit à tout moment de se retirer d’un processus électoral biaisé si le climat politique ne s’améliore pas.

2. Par rapport à ces échéances dont le calendrier vient d’être annoncé officiellement et qui débuteront en date du 20 mai 2019 par les législatives et les communales, le CNDD porte à la connaissance du public qu’il a déjà sensibilisé ses militants pour s’y préparer avec détermination, sans céder aux intimidations, aux harcèlements et autres provocations auxquelles ils font régulièrement face. En témoignent, les rapports de nos représentants provinciaux qui en relatent, avec force détails, les circonstances de temps et de lieu en cette période pré-électorale. A titre exemplatif, et pour ne citer que ces quelques cas de figure, voici un tableau peu reluisant traduisant cet état de fait dans certaines provinces :

2.1. A Bururi en date du 16/12/2018, en commune Bururi, Zone Muzenga, colline Kivuruga, une réunion annoncée, conformément à la loi en vigueur a été empêchée par l’administrateur communal.

2.2. A Rutana en date 06/04/2019, en commune Bukemba, Zone Gihofi, colline Bugiga, une autre réunion également annoncée a été empêchée par l’administrateur de ladite commune en y dépêchant des policiers.

2.3. A Rumonge en date du 08/04/2019, notre représentant en cette commune nous annonça que les jeunes affiliés au parti présidentiel profèrent des menaces en déclarant qu’ils ne veulent pas d’autres partis à part le leur, celui au pouvoir. En d’autres mots, ils font une administration parallèle encouragée par le pouvoir.

2.4. A Bubanza, le 12/04/2019, un séminaire-atelier organisé à l’endroit des membres des partis politiques par le BLTP a été ajourné sans aucune explication.

2.5. A Bururi, le 16/06/2019, en commune Bururi, Zone Bamba, colline Jungwe, l’administrateur communal a refusé une réunion avertie, arguant qu’on ne lui a pas demandé de permission. Il y a lieu de s’interroger s’il comprend ses missions ou si c’est un excès de zèle. En tout état de cause, nous savons que cela est fait sciemment et sur consignes.

2.6. A Rumonge, le 24/07/2019, en commune Bugarama, un drapeau du CNDD, a été enlevé puis acheminé on ne ne sait où. L’opinion a été surprise d’entendre le gouverneur de Rumonge déclarer haut et fort dans les médias que ce genre de comportement avait eu lieu mais qu’il avait été éradiqué. Nous attendons des mesures dissuasives de la part de cette autorité.

1. Kuri uwu wa 16 Ntwarante 2019, ku Ngoro nkuru y’Umugambwe CNDD i Bujumbura habereye inama ihuza abeserukira umugambwe mu ntara zose hamwe n’abaserukira imihari FFD-Abagumyabuntu na JPD-Intebutsi.

2. Intara zose kiretse Mwaro zari zaserukiwe, abavuye mu ntara hagati bakaba bangana na 38, abo mu gisagara ca Bujumbura 31. Abitavye inama bose bakaba bangana na 69 ; batatu b’i Mwaro batumenyesheje yuko basibiye mu nzira kubera abaporisi bababankiye kubandanya urugendo ngo kuko ata rupapuro rw’intererano y’amatora bari bafise.

3. Iyo nama yatangujwe n’indirimbo yo guhayagiza umugambwe isaha zine z’igitondo.

4. Umunyamabanga Nshingwabikorwa yaciye ashikiiza urutonde rw’ivyihwezwa n’ibikorwa bitegekanijwe uwo musi. Na vyo bikaba ari ibi bikurikira :

 Gushikiriza raporo y’ingene umugambwe n’ibikorwa vyifashe
 Guhanahana ivyiyumviro
 Gushikirizwa Ijambo ry’Umukuru w’Umugambwe rijanye n’uwo musi
 Gushikiriza mu ncamake icegeranyo c‘ivyashitsweko
 Gusangira agatutu k’uwo musi.

Le parti CNDD informe la communauté nationale et internationale qu’une vague d’arrestations de ses militants politiques est en cours dans les provinces du Sud du pays à savoir Bururi, Rumonge, Makamba.
Les faits

1. En effet, depuis longtemps, un climat de terreur a toujours régné sur ces provinces que le pouvoir considère comme bastion de l’opposition hutu et tutsi ensemble. Des actes de vandalisme organisés par le service national des renseignements (ou documentation), la police et les jeunes imbonerakure se sont toujours observés dans cette région dont la population avait toujours résisté aux manipulations ethnistes et régionalistes du régime de facto de Bujumbura.
2. Dans leur comportement habituel d’organiser toujours la confrontation, les jeunes imbonerakure en collaboration avec la police ont toujours continué de provoquer des citoyens paisibles les rendant vulnérables à l’insécurité et à d’autres traitements humiliants et dégradants. Cela a poussé une grande partie de la population à abandonner leurs biens et fuir vers les pays voisins surtout vers la Tanzanie. Ainsi dans l’espace d’un mois au moins dix mille personnes ont rejoint les camps de réfugiés de l’Ouest de la Tanzanie selon le HCR. C'est ainsi que la Tanzanie abrite aujourd'hui plus de 200 000 réfugiés majoritairement en provenance de ces trois provinces du sud du pays.
3. Depuis une semaine, les forces de sécurité avec leurs acolytes miliciens imbonerakure viennent de provoquer un mouvement de panique au sein de la population et surtout des membres du CNDD par la chasse à l’homme organisée à leur endroit. Ils ont arrêté un nombre impressionnant de responsables du parti dans cette zone.
4. Tout a commencé avec l’arrestation de Nishimwe Vianney, responsable de la jeunesse du CNDD (Jeunesse Panafricaine pour la Démocratie-JPD) dans les circonstances encore mal élucidées sous le prétexte fallacieux que ce jeune militant voulait organiser l’attaque du camp militaire de Kayogoro. Ce montage grossier ne tient pas debout parce que la police l’a arrêté sur simple dénonciation des imbonerakure et n’a présenté aucune preuve des allégations qu’elle avance. Le simple fait d’appréhender le responsable des jeunes JPD a suffi pour donner à leur montage la connotation de préparatifs d’une attaque sur camp militaire. Par ailleurs, cela a suffi également pour opérer des rafles des innocents dans les provinces ci-haut mentionnées.
5. Des éléments de la police et de l’armée se sont directement lancés à la poursuite du représentant provincial du parti en la personne d’Amani Masumbuko. Ils ont fouillé de fond en comble sa maison et il a été obligé de sauver sa vie en se mettant à l’abri. Dans cette opération ils ont saisi la liste de toute la hiérarchie politique des militants du CNDD dans la province de Makamba et maintenant s’en servent pour arrêter tout le monde.

Position du CNDD

1. Le CNDD dénonce les machinations sans fondements qui ont toujours caractérisé le régime de Nkurunziza dont l’objectif est de faire disparaître toute voix discordante. Par ailleurs le CNDD demande à ce régime d’arrêter immédiatement ces manœuvres qui visent non seulement à déstabiliser le peu des partis politiques de l’opposition qui reste, mais surtout à faire table rase de tous ceux qui s’opposent à leur politique d’iniquité.
2. Le CNDD exige la libération immédiate de ses militants arrêtés sur de simples dénonciations mensongères des miliciens imbonerakure.
3. Le CNDD dénonce une justice inféodée au régime de Nkurunziza, une justice dont les magistrats reçoivent les ordres des gouverneurs de provinces, eux-mêmes recevant les oukazes des miliciens imbonerakure.
4. Le CNDD demande au gouvernement de facto de Bujumbura de mettre fin à la crise politique actuelle par la voie de dialogue avec l'opposition sans condition. Rappelons que cette crise grave créée et entretenue par le régime de Bujumbura a plongé le peuple burundais une fois de plus dans une misère innommable.

                                                                               Fait à Bujumbura, le 13 décembre 2016

                                                                               Léonard Nyangoma, Président du CNDD