mercredi, 08 mars 2017 19:26 Écrit par  La Rédaction

JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES 2017

    Célébrée chaque année le 8 Mars sur le plan international, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les manifestations des femmes au début du XXè siècle en Europe et aux Etats-Unis, réclamant de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Le 8 mars 1921, Lénine décide d’une Journée internationale des femmes, dont il fixe la date, le 8 mars, en souvenir de la grande manifestation ouvrière deSt-Pétersbourg qui déclencha la révolution russe. La date reste encore symbolique et c’est véritablement après la seconde guerre mondiale que les manifestations s’installent. Au cours de l'année internationale de la femme en 1975, les Nations Unies ont commencé à célébrer la Journée Internationale de la Femme le 8 Mars. En 1977, les Nations Unies officialisent la « Journée internationale de la femme », invitant chaque pays de la planète à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale.

    Le thème de la Journée Internationale des Femmes en 2017 est celui-ci: « Les femmes dans un monde de travail en évolution: pour un monde 50-50 en 2030».

    Dans un message adressé à la communauté internationale, la Directrice d'ONU FEMMES a indiqué: « Nous voulons bâtir un monde de travail différent pour les femmes. En grandissant, les filles doivent étre exposées à un large éventail de
    carrières et être encouragées à faire des choix qui les mènent à des emplois dans les secteurs de l'industrie, de l'art, de la fonction publique, de l'agriculture moderne et des sciences, au-delà des services ménagers et d'aide à la personne traditionnels».

    Au Burundi, la Journée Internationale des Femmes arrive au moment où une grande partie de la population burundaise souffre de tous les maux.
    Les différents rapports montrent que les femmes burundaises souffrent de toute une gamme de maux tels: la pauvrété, l’insécurité, la famine, les inégalités, l'accés
    limité aux soins médicaux de base et aux services de santé sexuelle et reproductive, l'abandon scolaire à l'école primaire et au lycée, la discrimination basée sur le genre, le maintien de la discrimination sur les droits liés à la reproduction, viols et autres violences basées sur le genre, etc. Le paroxysme est atteint avec l’esclavage infligé aux femmes burundaises dans l’indifférence absolue des pouvoirs en place et de
    l’Union Africaine, la vente de nos filles et femmes aux oligarchies des monarchies archaïques du Golfe est une honte pour notre pays et pour toute l’Afrique.
    Les femmes constituent aussi la majorité des centaines de milliers de burundais réfugiés dans les pays de la Région des Grands Lacs. Sur le chemin de l’exil et dans les camps de réfugiés, elles sont victimes de toutes sortes de violences en particulier les violences sexuelles. Elles s’y retrouvent le plus souvent seules à élever les enfants dont les pères ont été tués ou sont dans les geôles du pouvoir de Bujumbura.

    Le rapport 2016/2017 d'Amnesty International via son Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a exprimé ses inquiétudes sur les sujets ci-dessous:
    - le taux élevé d'abandon au lycée chez les filles,
    - l'accès limité des femmes aux soins médicaux de base et aux services de santé sexuelle et reproductive,
    - le maintien de la discrimination à l'avortement car 45% des femmes ou filles
    incarcérées purgeaient des peines pour avortement ou infanticide.
    Ce rapport souligne aussi que la forte proportion des femmes travaillent dans le secteur informel, où elles occupent des emplois non qualifiés ou mal payés, sans protection sociale. Il a également noté des cas de manque de protection des
    employés de maisons( bonnes ou boys) confrontés à l'exploitation et aux abus sexuels ainsi qu'au maintien du travail des enfants mineurs.
    Ce rapport a enfin pointé du doigt la police, l'armée et les Imbonerakure dans les crimes graves de violences sexuelles et liées au genre à l’égard des femmes et des filles.

    Dans un bilan très alarmant donné par Jacques NSHIMIRIMANA, représentant d'une ONG locale sur la Radio Bonesha FM, plus de 110000 élèves avaient abandonné l'école au cours de l'année scolaire 2015-2016. Ces élèves sont de l'école primaire et secondaire. La plus grande partie de ces élèves abandonnant l'école sont des filles à cause de la pauvreté de leurs familles, des grossesses non désirées, des mariages précoces pour les filles, du manque de persévérance chez les filles, des privilège pour les garçons au détriment des filles, etc.

    Dans les cérémonies de lancement officiel de 16 jours d'activisme contre les violences faites aux femmes du 2 décembre 2016 au Stade Royal de Muramvya, le représentant du Coordinateur Résident du Système des Nations-Unies au Burundi, a souligné que les Nations Unies ne peuvent pas abandonner 52% de la population qui sont les femmes, qui continuent à être violées. Ce qui est pire encore est que 50% des cas de viols sont effectués sur des filles de moins de 16 ans.
    Et Martin NIVYABANDI, le ministre des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, d'ajouter que de Janvier à Septembre 2016, 943 cas de viols ont été enregistrés dont 82,2% de victimes sont des femmes et 12,8% sont des hommes.

    En 2017, les relevés officiels ne sont pas encore disponibles, mais par simple observation, les femmes burundaises sont pauvres car la plupart d'entre elles travaillent dans le secteur informel où, dans les villes ; elles exercent de petits commerces des denrées alimentaires, des fruits, des légumes avec des capitaux très maigres. Et dans leurs activités de survie, elles sont quotidiennement victimes du harcèlement de la police et des services municipaux.
    Une fois tombées malades ou en faillite, elles consomment tout leur capital et retombent dans la misère totale. Rappelons que les femmes burundaises sont parmi les femmes au monde qui ont peu d'heures de repos. Le pire est que même les filles qui ont terminé l'école secondaire sont dans la rue à cause du manque d'emploi. Certaines parmi ces filles sans emploi travaillent dans des restaurants, des kiosques, de petites boutiques tandis que d'autres se contentent de cultiver à la houe. Suite à la pauvrété qui hante les familles burundaises, plusieurs filles abandonnent l'école et se marient avant l'âge légal , d'autres se lancer dans la débauche pour trouver les frais de scolarité, les habits et le matériel scolaire nécessaire.

    Avant de terminer, je vous rappele que la plupart des femmes burundaises ignorent l’existence de cette journée dédiée aux droits des femmes.
    Au lieu de festoyer, cette journée doit être l’occasion de dresser le bilan des

    progrès réalisés, d’appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté. Au Burundi, les femmes et les hommes devraient célèbrer le courage de Inamujandi, une burundaise vaillante qui a combattu avec détermination le colonialisme, elle fut arrêtée, emprisonnée et déportée. Une rue devrait être dédiée à Inamujandi. Ailleurs en Afrique, la reine Nzinga en Angola n’était pas une femme ordinaire, mais symbolise aussi la résistance des femmes dans la lutte contre le colonialisme pour avoir combattu les envahisseurs portugais pendant 15 ans. Enfin, nous rendons hommage à la célèbre altermondialiste, l’indienne Vandana Shiva, elle lutte depuis près de 30 ans pour la préservation de la biodiversité et affirme que les femmes et
    l’environnement doivent être placés d’urgence au centre des débats sur le
    développement.
    Pour elle, la femme est synonyme de biodiversité : « Elle crée, comme la Terre, et, comme elle, elle préserve au lieu de détruire ». Au sujet du rôle que les femmes ont à jouer dans la préservation de l’environnement, elle observe également que « le public auquel nous nous adressons, qu’il s’agisse de fermiers ou d’ONG, est essentiellement féminin ».

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